Qui es-tu ?

J’ai écrit ce texte en 2011 pour expliquer aux enfants la vision de la personne selon la saniothérapie : chacun de nous est constitué de quatre dimensions physique, psychologique, émotionnelle et relationnelle.

Droits cédés à Axel Cécillon le 14.01.2012.

Qui es-tu ? (prénom)
J’aime bien ton prénom.

Et ce visage, c’est toi, (prénom) ?
Une photo de toi, c’est toi aussi mais est-ce que ça suffit ? Non, bien sûr, ce n’est qu’un reflet de ce que tu es.
(« illustration » : insérer un miroir?)
Ton corps te permets de voir, d’entendre, de sentir, de goûter, de toucher. Tu respires, tu digères, tu grandis. Tu cours, tu grimpes, tu sautes, tu t’assois, tu t’allonges. Tu souris, tu ris, tu pleures. Tu donnes, tu prends. Tu parles, tu boudes, tu donnes la main, tu embrasses, tu tapes peut-être quelquefois.
Ton corps est formidable ! Tu as vu tout ce que tu fais grâce à lui !
Et pourtant, tu es encore bien plus que ça… il y a des parties de toi que l’on ne voit pas mais qui sont bien là.

Qui es-tu, (prénom) ?
Tout ton être réagit à ce que tu vois, à ce que tu entends, à ce que tu sens, à ce que tu touches, à ce que tu goûtes et à ce que tu penses.
Souvent on peut lire sur ton visage : si tu es triste ou content, si tu as peur, si tu es surpris… ce sont tes émotions. On ne les voit pas, on ne peut pas les toucher mais elles sont bien là et elles font partie de ce que tu es, une personne unique : (prénom).
Tu souris, tu ris, tu pleures. Tu exprimes tes émotions avec ton corps et tu peux aussi les partager avec des mots.
Ton corps aussi à ses mots/maux à lui pour te dire quelquechose : ce sont les douleurs et les maladies. Parfois, si les émotions sont trop fortes, trop difficiles à accepter tu peux avoir mal au ventre par exemple ou tu peux tomber malade. Ton corps t’envoie un signal d’alerte parce qu’il veut te protéger, il veut que tu t’occupes bien de tes émotions.
Tu vois (prénom), tes émotions et ton corps marchent ensemble, on ne peut pas les séparer.

Qui es-tu, (prénom) ?
Tu comprends les choses à ta manière. Ta façon de penser, d’agir, de communiquer est unique, elle n’appartient qu’à toi. On appelle ça la psychologie, c’est un mot un peu compliqué et plutôt rigolo !
Ta psychologie, on pourrait dire que c’est comme un jardin. Ce jardin est là dans ta tête, il y avait de la terre et même quelques graines et puis d’autres graines sont tombées là, des graines de belles fleurs, des graines d’arbres fruitiers, des graines de mauvaises herbes, toute sorte de graines selon ton histoire. Il y a eu du soleil, de la pluie, des tempêtes, du gel.
A quoi ressemble le jardin de tes pensées aujourd’hui ? Tu peux le découvrir en te posant des questions :
Pourquoi ressens-tu cette émotion dans telle situation ?
Qu’est-ce que tu aimes bien ?
Qu’est-ce que tu n’aimes pas ? Pourquoi ?

Qui es-tu, (prénom) ?
Tu es l’enfant de (prénom de la mère) et de (prénom du père). Tu es le frère/la soeur de (prénom), le petit-enfant de (prénom), le/la cousin/e de (prénom). Tu es aussi le/la voisin/e de (prénom), le/la copain/copine de (prénom).
Tu fais partie d’une famille, d’une école, d’un quartier. Et bien, tu vois, ça aussi ça fait partie de ce que tu es. Tu es en relation avec d’autres.
Il y a des personnes autour de toi et elles t’apportent beaucoup de choses nouvelles chaque fois que tu entres en contact avec elles. Du positif et du négatif. Elles nourrissent et bousculent ton monde intérieur et ça t’oblige à réfléchir et à agir.

Ton corps, tes émotions, ta psychologie et tes relations changent chaque jour,chaque instant. C’est super car tu auras toujours de nouvelles choses à découvrir, à comprendre, à vivre. Tu auras aussi de nouvelles difficultés à surmonter, mais c’est normal, ce sont des exercices pour grandir. Les difficultés sont des étapes pour mieux te connaître et mieux comprendre les autres, des étapes pour apprendre à aimer plus.

Prendre soin de toi, pour te sentir bien, pour grandir… comment faire ?
Ces 4 parties de toi, on ne peut pas vraiment les séparer car elles fonctionnent ensemble et elles ont besoin les unes des autres. Et pour te sentir bien, pour te soigner, elles doivent se sentir bien les unes avec les autres, être en harmonie, en cohérence.
Alors quand ton corps ne va pas bien, il faut bien regarder si le problème vient vraiment du corps ou s’il vient des émotions, de la psychologie ou des relations.
Tu vois par exemple quand ça ne va pas bien avec quelqu’un, tu peux te poser plein de questions et laisser le jardin de tes pensées se faire envahir de mauvaises herbes.

Pour prendre soin de ton corps, tu bois, tu manges des aliments variés, suffisamment selon ton appétit mais pas trop. C’est une question d’équilibre et il n’y a pas une réponse pour tout le monde, ton corps à toi est différent de tous les autres, et ces besoins sont uniques.
Ton corps a besoin de dormir, et là aussi chacun est unique : il y a des personnes qui ont besoin de beaucoup dormir, d’autres moins. Il y a aussi les changements, ça peut être les saisons par exemple ou un moment où ton corps grandit plus ou peut-être une émotion particulière ou une question qui te fait réfléchir peuvent te donner besoin de plus dormir.
Ton corps a besoin de bouger pour développer tes muscles, pour s’entraîner à bien voir les distances, à connaître ton équilibre, les mouvements que tu peux faire. Tu as besoin de bouger aussi pour bien nettoyer l’intérieur de ton corps, pour éliminer ce qui est de trop.
Peut-être que cela fait du bien aussi à tes émotions et à tes pensées qui «se nettoient» elles aussi quand tu bouges.

Tu prends soin de tes émotions en les reconnaissant. Cela te permet de prendre de la distance et de maîtriser ton comportement. Reconnaître une émotion, ça veut dire pourvoir lui donner un nom : j’ai peur, je me sens seul, je suis fier de moi, je suis surpris, je suis en colère, je suis content … mais pour pouvoir lui donner un nom, ça veut dire qu’on l’accepte.
Ce n’est pas toujours facile d’accepter ce qu’on ressent :
On peut refuser la douleur parce que ce n’est pas facile, on se sent plus fragile quand on accepte qu’on peut avoir mal.
Quelquefois l’émotion que tu ressens est différente de celles des autres alors ça a l’air plus facile de ne pas la voir, de faire comme si elle n’était pas là.
On t’a sans doute appris que ce n’est pas bien de se mettre en colère, ce n’est pas bien de crier sur quelqu’un, d’être violent, c’est un comportement qui n’est pas acceptable. Mais tu peux ressentir de la colère, c’est tout à fait normal et acceptable, tu peux reconnaître cette émotion en toi et choisir un comportement acceptable.
Tu soignes tes émotions en les partageant : d’abord ça t’oblige à utiliser des mots pour les décrire et puis c’est comme un sac qu’on porte à 2, ce n’est plus tout à fait toi qui le porte, tu te sens plus léger, plus libre. Tu fais un peu de place en toi pour autre chose. Si tu ne les partages pas, elles restent en toi, à tourner en rond, elles remplissent ton espace intérieur et il n’y a plus de place pour écouter les autres, pour recevoir, pour grandir.

Et ta psychologie, comment en prendre soin ?
Déjà, en apprenant à la connaître, en découvrant ce jardin de tes pensées.
Et puis tu peux même décider de ce que tu voudrais dans ton jardin ! Tu peux le transformer pour qu’il ressemble à ce que tu veux.
Arracher des mauvaises herbes, des ronces ; t’occuper des belles fleurs, des arbres fruitiers pour qu’ils grandissent, leur faire de la lumière, leur donner de l’eau, de l’engrais (les nourrir). Tu peux même planter de nouvelles graines pour faire pousser de belles choses dans ton jardin ! Ce n’est pas facile, parce qu’une petite graine c’est fragile, au début il faut vraiment bien s’en occuper, ça demande du temps, de la patience, beaucoup de volonté. La volonté, ça veut dire décider quelquechose, le vouloir et y penser aussi souvent que possible pour réussir ce qu’on veut.
Voyons, à ton avis, quelles pourraient être les mauvaises herbes dans une psychologie ?
− penser qu’on est nul, ça s’est une mauvaise herbe difficile à arracher !
− avoir peur des autres
− ne s’intéresser qu’à soi-même
− voir seulement les défauts, les malheurs, les limites
− avoir peur de souffrir
− se décourager
Qu’est-ce que tu aimerais cultiver ou planter dans ta psychologie ?
− avoir confiance en soi
− écouter ton corps et tes émotions
− écouter les autres
− accepter les difficultés, les souffrances : dans la Vie, il y a des choses difficiles, pour tout le monde et à tous les âges. Des souffrances, des maladies, des changements. Tu peux voir ça comme des choses terribles, qui vont te rendre malheureux pour toujours. Mais tu peux choisir de voir ces difficultés comme des étapes pour t’aider à mieux te connaître, à mieux comprendre les autres, des exercices pour grandir.
− croire aux belles choses et s’entraîner à toujours les voir, dans le monde, dans les autres et en toi.
Alors il te faut de la volonté et de la patience, laisser le temps aux graines de bien s’enraciner pour pouvoir pousser haut.
Je crois que pour être heureux, il faut de la volonté : il faut le vouloir, le décider et s’exercer tous les jours à sourire, à voir le positif, à accepter, à écouter, à pardonner, à partager, à aimer. Et avancer, chaque jour, chaque instant, ne jamais se décourager parce qu’on peut toujours recommencer.

Je t’ai déjà donné des indices pour savoir comment t’occuper de tes relations !
Qu’est-ce que tu en penses ?
Selon ta psychologie, tu peux choisir d’écouter les autres, de les accepter, de recevoir ce qu’ils t’apportent ou tu peux choisir de refuser tout ce qui vient des autres, ne compter que sur toi-même.
Tu peux décider de regarder seulement ce que tu aimes ou seulement ce qui te dérange. Cela change ta façon d’être en relation.
Et tu choisis aussi ce que tu veux donner aux autres. Tu peux partager tes émotions, expliquer ta façon de penser, dire ce que tu sais. Et quand tu partages quelque chose avec quelqu’un, ça fait de la place dans ton cœur, dans ta tête pour de nouvelles choses, pour grandir. C’est drôlement important, tu te rends compte, je crois que tout seul on ne pourrait pas bien grandir…
Tu peux faire plus que donner, tu peux aussi pardonner. Le pardon, c’est la pommade pour soigner tes relations. Pardonner, ça veut dire accepter les limites, les erreurs, les tiennes et celles des autres pour pouvoir passer à autre chose, ne pas rester bloqué sur une souffrance. Et donner à l’autre une nouvelle chance de grandir lui aussi, de recommencer à zéro.
Cela demande de la volonté, du courage.

Tu as compris (prénom) que chaque personne est comme toi, avec un corps, des émotions, une psychologie et des relations qui sont différentes des tiennes et qui changent. Chacun est à lui tout seul une histoire qui continue toujours à s’écrire.
Ta maman, ton papa, tes frères et sœurs, tes voisins, toutes les personnes que tu croises sont comme ça. Si tu te souviens de ça, alors ça devient plus facile de les écouter, de les aider, de leur pardonner, de les aimer.
Tu vois, on est tous ensemble pour s’aider à grandir, à devenir toujours plus libre, plus tolérant, plus serein, plus beau, plus heureux de vivre.
Et même les adultes continuent toujours à grandir !